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Carnet de bord

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mardi 27 octobre

FLASH EXPE

lundi 26 octobre :  l’équipe Darwin 2 a lancé une tentative d’ascension du Mont Darwin.  Tous les alpinistes participants ont dormis au camp de base, de sorte à partir de très bonne heure, les autres à bord du Nueva Galicia. Le groupe a progressé jusqu’à 1200 mètres, avant d’être bloqué par une violente tempête. L’équipe a rebroussé chemin, et l’ensemble du groupe est en sécurité et au chaud sur le Nueva Galicia. J’ai parlé avec Yvan à 20h00, il pleut des cordes sur Pia. Ce matin, mardi 27, si les conditions le permettent, ultime tentative pour tenter ce sommet, qui pose décidément de réelles difficultés. Yvan a préparé un compte rendu détaillé des deux dernières journées, mais nous ne sommes pas parvenus à en prendre connaissance, les communications avec PIA étant très mauvaises. Nous espérons pouvoir vous communiquer le détail de ces deux derniers jours en montagne en fin de journée.

Rappel : nous sommes désormais à -4heures sur l’heure de Paris.

Par ailleurs, nous avons été interviewé pour l’émission « Les Aventuriers » par Régis Picart, pour une diffusion sur FRANCE INFO samedi.

François.

FLASH EXPE – suite –

ce mardi 27 octobre 08h55 : nous sommes parvenus a parler avec Yvan environ 1 minute 30. Le Nueva Galicia etait a l’abri dans une calanque aux parois escarpees, d’ou les difficultes pour « avoir de l’antenne ». Les alpinistes sont partis il y a 1 heure, soit environ a 08h00. Pas de depart possible plus tot, cause tres ñauvais temps : pluie, vent, baro 968 hp …). Temps bouche, peu d’espoir de parvenir au sommet du Darwin dans ces conditions, d’apres Yvan, compte tenu du timimg et de la meteo, mais l’equipe toujours au maximum de sa forme va tout donner. Suite dans la soiree nous esperons.

Francois.

##############

Suite à une communication avec l’équipe Darwin 2, nous vous communiquons ici le récit que nous avons pris en note sous leur dictée :

Le baromètre est au plus haut à 1200 hpa. A défaut d’une belle journée, nous espérons tout au plus une éclaircie qui nous permettrait de réaliser quelques objectifs que nous avons repérés.

Un sommet vierge, d’un granit sans faille et sans faiblesse, nous tend les bras juste en face de notre camp de base. Le chapeau nuageux déchiré et le vent qui ne nous quittent plus depuis des jours au dessus de 1800 mètres nous contraignent à des sommets plus modestes tout aussi attrayants. Dominique et Yann M. ont, toute la journée d’hier, taillé à la machette et tronçonné à la scie un étroit passage dans la foret primaire dans lequel nous devrions pouvoir nous mouvoir avec nos skis sur nos sacs. Au petit matin, nous voilà parti Pierre, Dom, Yann M, Pinpin et Yvan.

L’approche avec le zodiac est une féerie et on slalome dans une mer hérissée d’innombrables morceaux de glace venus du glacier qui sans arrêt rejette son trop plein. Le glacier sans nom nous le nommerons le Glacier Blanc en souvenir de celui que nous avons aimé caresser et torturer tout à la fois. Les milles et uns reflets et scintillements feront dire à Pinpin dans une de ces phases d’emportement poétique : « on dirait une voie lactée ».

Plus pragmatique, Dom écarte autant qu’il le peut les énormes glaçons qui tentent de nous barrer le chemin. Eviter à tout prix un remake du Titanic. Nous avons bien à bord Pierre le Doc, mais que pourrait-il pour nous dans cette eau glacée, lui même dans la même situation que nous ? Nous sommes sur l’eau, mais nos yeux sont rivés sur les énormes tours de glace en équilibre qui, si l’idée leur venait de tomber à l’eau à l’unisson, provoqueraient à n’en pas douter un tsunami qui mettrait notre frêle embarcation dans une situation délicate. A notre descente sur terre que nous croyons ferme, élément solide, une autre épreuve nous attend : nous mouvoir sur une moraine en formation. Des arbres attaqués tentent vainement de résister à cette force tranquille, qui, sournoisement les broie les uns après les autres. Après cette séance d’équilibrisme, voilà venue la douce, humide foret primaire s’il en est. La mousse est si épaisse que nous pourrions tailler des marches au piolet. Mais elle est si tendre que nous pouvons simplement la martyriser du  bout de nos chaussures de ski. Quelques glissades attendues ont tôt fait de nous déguiser en authentique bûcherons. La pause auprès d’une source d’eau pure nous permet de nous réhydrater avec un bon thé concocté par nos deux alsaciens qui n’arrêtent pas de s’invectiver gentiment dans une langue chatoyante qui tente de nous arracher les tympans.

Enfin les skis, la neige, le glacier ! Le plafond nuageux et ses mystères stagnent à 1800 m telle une chape de plomb immobile. Elle ne cédera pas. Elle aura même raison de la ténacité de Momo, Hubert, Mathieu et Yann Estienne qui, depuis quatre jours, ne quittent pas leurs tentes dans le camp supérieur en attendant une hypothétique éclaircie qui leur permettrait d’atteindre le sommet du présumé mont Darwin. Ils n’en sont pourtant qu’à quelques centaines de mètres et savent par où y aller. Ils battent en retraite et se réfugient dans leur confortable camp de base installé dans une petite foret tout près d’une plage qui serait envahit de chair humaine fleurant bon la crème solaire s’il elle était située sous des cieux plus cléments. Nos peaux de phoques solidement fixées nous entamons sur la neige vierge notre montée vierge vers un sommet vierge. Une cordée de 3, une cordée de 2, nous sommes tout à notre bonheur d’être là, chacun dans ses pensées, seulement interrompus pour se concerter sur le meilleur itinéraire. Nous prenons enfin pied sur une arrête qui nous permet de découvrir d’autres glaciers, d’autres sommets, tout aussi vierges et grandioses que ceux qui nous ont déjà fait cette offrande. Il est 14h00 lorsque nous atteignons le sommet. L’altimètre affiche 1200 m. De concert après avoir savouré cet instant magique, nous décidons de nommer ce pic le pico Karène Ruby, qui aurait pu être des notres dans cette aventure magnifique. Que son nom soit gravé à jamais dans ces contrées reculées. Il est temps pour nous de redescendre. La vie et d’autres projets nous attendent en bas. Toute l’équipe est réunie au camp de base. Qu’allons faire ? Il ne nous reste que 3 jours avant notre départ pour Punta Arenas. Tenter à nouveau l’ascension du Mont Darwin ? Il est là, si près de nous. Si proche que nous décidons de jeter nos dernières forces et notre temps de plus en plus restreint dans cet objectif. Une léger pluie vient arroser le campement, de peur que nous nous asséchions.

Le 26 Octobre

La lune tente une timide apparition. On  la dirait terrorisée de son impudeur. Son faible éclairage nous encourage. Motivés plus que de raison, sûr que cette tiède apparition lunaire était un signe, nous partons emmitouflés, harnachés, encordés. Pas besoin de lever la tête, le soleil viendra relayer la lune. 800 mètres. 1000 mètres. Tout se passe bien, mais le soleil aussi timide et lâche que la lune nous abandonne. Un dernier salut et, à 1200 mètres, sans vergogne, il nous jette dans les bras de son ennemi la tempête. Et là, une fois de plus, nous  sommes contraints, déçus et martyrisés par les vents d’une violence injuste, de rebrousser chemin dans ce qui devient au fil des jours et de nos tentatives un paradis sur terre. Malgré une extrême humidité, la nourriture lyophilisée,  le grondement incessant du glacier que notre présence semble indisposer, notre village de toile, notre camp de base. Demain nous retenterons mais le baromètre est au plus bas : 973 hpa. Le pessimisme n’a pas sa place ici et dans cette équipe. Nous vivons et prenons les choses telles qu’elles sont, conscients de vivre des moments d’exception que nous imprimons en lettre d’or dans notre mémoire.

Yvan l’équipe Darwin 2

Propos recueillis par liaison satellite avec Darwin 1, ce mardi 27 octobre 2009.

IMPORTANT : prochaine vacation prévue avec Darwin 1 ce soir à 20h00 (minuit en France), nous publierons le résultat de cette ultime journée d’alpinisme dans la cordillère Darwin.

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