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Carnet de bord

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samedi 24 octobre

COMPTE RENDU « DARWIN 1 » – EQUIPE CAP HORN / USHUAIA
François, Thomas, Pierre P, Guillermo conduit par Marcel

Nous sommes arrivés hier soir vers 21h00 à Puerto Toros où nous jetons  l’ancre pour la nuit. Le vent se lève et nous serons brassé une partie de la nuit. Réveillé à 05h00, nous mettons le cap sur Ushuaia via Puerto Williams, escale administrative avant de passer la frontière vers l’Argentine.

Navigation sans encombre jusqu’à Puerto Williams où nous retrouvons Denis à qui nous avions confié du matériel que nous devons à présent récupérer. Mais les formalités administratives avec la marine chilienne s’avèrent, encore une fois, plus longues que prévues et nous sommes contraint de patienter jusqu’à 15h00. Pour nous réconforter face au vent qui se lève et nous fait redouter une fermeture du port, nous cuisinons une délicieuse estouffade de filet de bœuf. Denis se joindra à nous et, entre deux bouchées, nous parlerons « montagne » et Denis, mémoire vivante de la région, d’évoquer les différentes tentatives de nos prédécesseurs dans la cordillère Darwin. Puis nous apprenons que nous avons l’autorisation d’appareiller pour Ushuaia. Pas une minute à perdre :  le vent souffle et nous redoutons toujours une fermeture du port.

La navigation sera très difficile jusqu’à Ushuaia : un vent de face et une forte houle nous obligeront à tirer des bords sur le canal. Pierre P et notre capitaine Marcel assurerons la navigation sous la pluie, le vent et les embruns. Guillermo, imperturbable, ne sortira de ses lectures que pour prendre quelques photos. François, pourtant « patché » jusqu’aux oreilles, ne résistera pas longtemps aux roulis provoquée par la houle et rejoindra rapidement sa cabine. Pour ma part, je me tiendrais à disposition des marins, profitant du grand air et de cet atmosphère agitée.

Vers 21h30, nous accostons finalement au port d’Ushuaia, fatigués, glacés et affamés par ce voyage. Direction la capitainerie pour faire tamponner nos passeports. Une demi-heure plus tard, nous nous attablons dans un petit restaurant ou Marcel est accueilli en habitué. Menu unique : « un bife de lomo de un medio kilo con patatas fritas y ensalada » accompagné de son inséparable vin rouge argentin. Il ne nous en faudra pas plus pour passer une excellente nuit que Marcel commença, épuisé, à table, avant la fin du repas !

Thomas Baratier

COMPTE RENDU « DARWIN 2 » / EQUIPE ALPINISTES – PIA

Lors de notre escale à Puerto Williams, nous réussissons à joindre Yvan qui nous apprend que la Nueva Galicia à pu appareiller la veille et rejoindre sans difficulté la bahia Pia. L’équipe dite des « alpinistes » s’enrichie à présent des nouveaux arrivants : Yvan, Gérard, Yann M, Ludivine et Murielle.

Au cours de cette conversation, Yvan nous rassure sur l’état des troupes : tout le monde va très bien et l’équipe déjà sur place est extrêmement motivée par les perspectives qui s’offrent à elle dans ce massif.

Lors de cette longue conversation téléphonique, nous avons pu recueillir les impressions de Pierre M et Pascal sur leurs premiers jours en montagne. Nous vous restituons ici et le plus fidèlement possible les résumés qu’ils avaient préparés à notre attention (la communication ayant été très hachurée, il se peut que notre récit comporte certaines imprécisions dont nous nous excusons part avance).

Dans un précédent billet nous évoquions le mont Shipton qui dans les lignes qui suivent est appelé Mont Darwin. Mais il s’agit bien du même sommet qui fut nommé initialement Darwin puis changea de nom pour s’appeler aujourd’hui Shipton.

Dimanche 18 octobre – arrivée dans la bahia Pia

Après avoir quitté la bahia Romanche tôt le matin, nous pénétrons dans la calanque de Pia vers 10h00 dont nous explorons les deux branches. Nous repérons un espace dans la partie Est de la calanque où débarquer et installer le camp de base. Le campement est monté à droite d’un impressionnant glacier noir et à bonne distance de la rive pour nous protéger d’éventuels « mini-tsunamis » que pourrait provoquer la chute des séracs dans l’eau glacée de la calanque. Nous repérons à cette occasion un beau sommet dont nous estimons l’altitude à 1800 mètres. Nous effectuons le déchargement du matériel et installons nos tantes car le Nueva Galicia ne pourra pas rester au mouillage dans Pia ; mouillage jugé trop dangereux par notre capitaine.

Nous voilà donc seul dans cet ilot de verdure, coincé entre deux glaciers. Marie nous accompagne et, rassurée par l’absence de danger objectif, affronte sans crainte cette situation d’isolement. Sébastien, arrivé récemment pour remplacer Sandra, nous apprend que nous avons dressé le camps au milieu d’une jeune foret de nothofagus. Bon alpiniste et chercheur du CNRS, il est parmi nous pour réaliser des prélèvements dans les sols de la région et nous fait profiter de ces connaissances en nous décrivant l‘écosystème dans lequel nous évoluons.

Vers 18h, le camp est monté et le Nueva Galicia s’éloigne vers un mouillage plus sur. Après une rapide concertation, nous décidons dès le lendemain de tenter l’ascension d’un beau sommet situé rive droite du glacier noir. Il devrait nous permettre, sous réserve d’une météo favorable d’apercevoir le Mont Darwin.

Pierre Muller

Lundi 19 octobre

Comme prévue la veille, nous quittons le camp à 6h00 du matin. Nous remontons un beau couloir à 35° orienté Nord-Ouest qui nous donne accès à un sommet de 1139 mètres dont les coordonnées GPS sont :
S 54 48 50
W 69 32 36
Ce sommet nous offre une belle vue sur le présumé mont Darwin et nous laisse entrevoir une voie d’accès possible. Il nous permet également de découvrir les autres aspects de la partie Nord du glacier.

Nous repérons également un autre sommet situé plus à l’Est. Nous le regagnons à ski de randonnée et finissons l’ascension par quelques pas d’escalades faciles. Il sera baptisé, sous réserve d’acceptation par les autorités chiliennes,  le « Pico Ludivine » et culmine à 1187 mètres ; ses coordonnées GPS sont les suivantes :
S 54 48 49
W 69 32 07

La descente se fait facilement dans une belle neige de printemps. Nos excellents skieurs Mathieu et Yann ouvrent la trace. Le retour au camp de base se fait sans encombre. Le moral est bon, renforcé par la perspective de belles courses et de nouveaux objectifs sont définis pour le lendemain : continuer en direction du mont Darwin.

Pierre Muller

Mardi 20 octobre

Ce matin, départ à 6h00 vers un col situé à l’Est du glacier noir qui nous sépare du Mont Darwin et domine le glacier Romanche. Mais aujourd’hui, la météo est mauvaise et le vent souffle à plus de 80 km/h. La progression est difficile et nous devons nous encorder. Nous parvenons péniblement au col. Quelques pas de « mixtes » nous permettent de progresser à quatre pâtes entre deux sommets, mais les conditions continuent à se dégrader et nous obligent, très vite, à prendre le chemin du retour. Une très mauvaise visibilité rend la descente périlleuse. Mathieu s’arrête dans la pente sur ce qui s’averra être un fragile pont de neige.  Décision est immédiatement prise d’encorder Mathieu, Yann et Pierre qui ouvriront la voix. Les autres suivront leur trace, slalomant dans le mauvais temps entre les crevasses.

Le col sera nommé, toujours sous réserve d’acceptation des autorités, « le col du Boutchiul » (ou col du buisson en patois du pays des Ecrins). Il culmine à 1440 mètres et ses coordonnées GPS sont :
S 45 48 59
W 69 28 37

Du col, nous pouvons apercevoir un second sommet, toujours dans la direction du Darwin et se situant à la limite du plafond nuageux. Ce sera notre nouvel objectif. Mais avant de concentrer nos forces sur ce nouvel itinéraire, nous devons nous assurer qu’il n’existe pas de meilleur passage sur les autres versants. Notre objectif se précise mais le manque de visibilité nous empêche de déterminer l’itinéraire à suivre.

Journée fatigante pour toute l’équipe avec un dénivelé modéré de 1200 mètres mais assorti d’un  linéaire 12 km. Mais les conseils de nos moniteurs de ski de fond pour perfectionner notre « skating » ont été mis à profit pour avancer efficacement sur ce grand plat. Nous décidons de nous octroyer une journée de repos le lendemain.

Le surlendemain, Pascal, Dominique et Pierre M iront observer le versant Nord-est. Le reste de l’équipe tentera d’établir un camp 1 sur le plateau du glacier noir, puis, de là, ils se dirigeront vers le versant ouest du Mont Darwin. Nous pourrons alors confronter nos avis pour déterminer le meilleur itinéraire à suivre pour continuer notre progression.

Pierre Muller

Mercredi 21 octobre

Journée de repos

Jeudi 22 octobre

Départ pour la reconnaissance du supposé mont Darwin. Stéphane, Yann, Mathieu et Hubert se déplacent vers une pointe qui devrait leur offrir un point de vu sur le sommet.

Pierre M, Dominique et Pascal se dirigent quand à eux sur le col issu de l’arrête qui rejoint le col Boutchiul dans l’idée de trouver un itinéraire sur le versant Est. C’est une belle journée, la température est douce et le vent est retombé. Pour nos trois amis, c’est une ascension tranquille dans une neige ramollie au milieu des glaciers aux séracs d’un bleu translucide. Stéphane, Yann, Mathieu et Hubert progresse plus laborieusement sur cette arrête qui mène à un immense plateau glaciaire situé à environ 1700 mètres d’altitude. Sur leur droite se trouve une belle pointe rocheuse offrant un bon point d’observation. Ce belvédère surplombe un à pic de plus de 600 mètres. Au fond du plateau une pente neigeuse menant à une arrête semble conduire au sommet du supposé mont Darwin.

Le panorama est superbe et offre à Pierre M, Dominique et Pascal une vue merveilleuse sur le Roncagli. Malheureusement, ils n’entrevoient aucun itinéraire et ils ne leur semblent pas envisageable de gravir cette montagne hérissée de séracs et de barres rocheuses.

Pendant ce temps, Stéphane, Yann, Mathieu et Hubert ont progressé et on atteint le belvédère. Altitude 1736 mètres. Il sera nommé le Pico YAMAHUSTE (Pour YAnn, MAthieu, HUbert, STEphane). Nos quatre amis resterons plus d’une heure à chercher un itinéraire sur le supposé Mont Darwin mais le sommet restera caché dans les nuages. Les deux équipes regagnerons leurs camps respectif.

La visibilité n’est pas suffisante pour que nous puissions déterminer avec certitude la nature du relief et, notamment, l’arrête terminale qui mène au sommet.

Pascal Harpin


Le 23 octobre

Réveil à 05h00. Départ à 6h00, Dom, Pimpin et Pierre projettent de rejoindre le reste de l’équipe resté au camp 1 pour tenter l’ascension du Darwin. Nous les retrouvons à huit heures après deux heures d’une progression facile sur une neige restée gelée. La décision a été prise la veille d’emprunter l’itinéraire que nos amis du camp 1 ont déjà repéré, le versant Est n’offrant pas de possibilité d’ascension. Momo prend la tète des opérations, il connait et a jalonné le parcours jusqu’à une altitude de 1800m. La montée commence par une raide pente de neige parcellé de crevasses qui donne accès a une belle arrête sur laquelle la progression a ski reste possible. Nous gardons les yeux rivés en direction du Darwin qui reste coiffé d’un épais nuage.  Il faut rester motivé, le temps change vite. A 11h30, nous avons rejoint le plateau glacier supérieur à 1570 m d’altitude. Le brouillard nous empêche de voir la pente supérieure donnant accès a l’arrête sommitale. Cependant les membres du camp 1 l’ayant visualisé et photographié la veille, nous choisissons de les suivre. Très vite, la visibilité se réduit à 10 mètres, le plafond s’abaisse, il commence à neiger. Dom, Pimpin et Pierre décident de renoncer, alors que les membres du camp 1 choisissent de franchir la première pente dans l’espoir de l’arrivée d’une éclaircie. En les attendant nous gravissons le « Pico Yamahuste » à 1736 mètres d’altitude (SUD 54 46 16 / W 69 30 33). La météo se dégrade encore. Nous tentons de contacter par radio nos amis pour connaitre leur position avant de prendre la décision de descendre. Eux aussi entament la descente, rassurés de leur choix. Nous skions sur les belles pentes qui dominent le camp 1 où nous nous retrouvons pour discuter de la suite des événements. Momo, Hub, Math et Yann restent au camp 1 pour une nouvelle tentative le lendemain. Dom, Pimpin et Pierre retournent au camp de base. Un appel d’Yvan nous prévient de l’arrivée du Nueva Galicia le soir même. Nous nous réjouissons de revoir ceux restés sur le bateau pour partager un bon repas avec eux.

Pierre M (propos recueilli par Thomas par téléphone)

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