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Autours de Darwin

mercredi 28 octobre

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9h00 – La vacation d’hier soir 20h00 avec Darwin 1 n’a pu être établie. Nous avions de notre coté une connexion Iridium de bonne qualité, c’est donc certainement que le Nueva Galicia s’est de nouveau réfugié dans une calanque aux parois escarpées, après avoir récupéré l’ensemble de l’équipe. Nous ignorons donc toujours le résultat de la journée d’hier dans la Cordillère Darwin, et c’est  à notre tour d’être coupé du monde.  Le suspens durera donc jusqu’à ce soir, prochaine vacation par défaut à 20h00 locales.

Nous sommes en effet partis, après une nuit en refuge, à la découverte des célèbres Torres de Paine (Tours de Paine), magnifiques aiguilles de granit qui culminent à 2800 m. Je ne sais s’il existe une Mecque de la grimpe, mais en tout cas ce spot fait partie des lieux saints, au même titre que les Trangos Tower,  les Dolos, les Drus, Half Dome …. Le départ du refuge à 04h45 nous a permis d’attraper les premières lueurs roses des aiguilles reflétant le soleil levant. Bien entendu, climat patagonien oblige, un quart d’heure plus tard, une tempete de neige nous incite quitter notre belvedère au pied des Torres et descendre en toute hate au refuge, d’où nous rédigeons, bien au chaud, ces quelques lignes.

FLASH EXPE mercredi 28 octobre – 13h00

Nous avons joint PinPin, sur le Nueva Galicia.  Tout le monde est à bord, en excellente santé. La tentative ultime d’acsncion du Mont Darwin, lancée par Momo, Hubert, Yann E., Mathieu, Pierre M., Pinpin, Yann M. hier mardi 27 octobre a échouée. De nouveau, le mauvais temps a stoppé l’élan des alpinistes, déjà contraints à un départ du camp de base tardif (vers 08h00), du fait de trombes d’eau s’abattant sur Pia. Le vent violent, et la visiblité nulle ont définitivement entérré nos ambitions sur ce sommet, malgré l’énergie farouche et la volonté constante de toute l’équipe lancée à la la conquete du point culminant de la corlillère depuis 10 jours.  Tout a été tenté, dans les limites acceptables de la sécurité, pour couronner notre expédition d’un succès alpin majeur, mais la Terre e Feu s’est chargée de nous rappeler ses règles implacables, utilisant l’ensemble de son arsenal météorologique, sur mer, sur terre, et dans les airs.

Adios Terra del Fuego, ou peut-être simplement au revoir ?

François.

mardi 27 octobre

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FLASH EXPE

lundi 26 octobre :  l’équipe Darwin 2 a lancé une tentative d’ascension du Mont Darwin.  Tous les alpinistes participants ont dormis au camp de base, de sorte à partir de très bonne heure, les autres à bord du Nueva Galicia. Le groupe a progressé jusqu’à 1200 mètres, avant d’être bloqué par une violente tempête. L’équipe a rebroussé chemin, et l’ensemble du groupe est en sécurité et au chaud sur le Nueva Galicia. J’ai parlé avec Yvan à 20h00, il pleut des cordes sur Pia. Ce matin, mardi 27, si les conditions le permettent, ultime tentative pour tenter ce sommet, qui pose décidément de réelles difficultés. Yvan a préparé un compte rendu détaillé des deux dernières journées, mais nous ne sommes pas parvenus à en prendre connaissance, les communications avec PIA étant très mauvaises. Nous espérons pouvoir vous communiquer le détail de ces deux derniers jours en montagne en fin de journée.

Rappel : nous sommes désormais à -4heures sur l’heure de Paris.

Par ailleurs, nous avons été interviewé pour l’émission « Les Aventuriers » par Régis Picart, pour une diffusion sur FRANCE INFO samedi.

François.

FLASH EXPE – suite –

ce mardi 27 octobre 08h55 : nous sommes parvenus a parler avec Yvan environ 1 minute 30. Le Nueva Galicia etait a l’abri dans une calanque aux parois escarpees, d’ou les difficultes pour « avoir de l’antenne ». Les alpinistes sont partis il y a 1 heure, soit environ a 08h00. Pas de depart possible plus tot, cause tres ñauvais temps : pluie, vent, baro 968 hp …). Temps bouche, peu d’espoir de parvenir au sommet du Darwin dans ces conditions, d’apres Yvan, compte tenu du timimg et de la meteo, mais l’equipe toujours au maximum de sa forme va tout donner. Suite dans la soiree nous esperons.

Francois.

##############

Suite à une communication avec l’équipe Darwin 2, nous vous communiquons ici le récit que nous avons pris en note sous leur dictée :

Le baromètre est au plus haut à 1200 hpa. A défaut d’une belle journée, nous espérons tout au plus une éclaircie qui nous permettrait de réaliser quelques objectifs que nous avons repérés.

Un sommet vierge, d’un granit sans faille et sans faiblesse, nous tend les bras juste en face de notre camp de base. Le chapeau nuageux déchiré et le vent qui ne nous quittent plus depuis des jours au dessus de 1800 mètres nous contraignent à des sommets plus modestes tout aussi attrayants. Dominique et Yann M. ont, toute la journée d’hier, taillé à la machette et tronçonné à la scie un étroit passage dans la foret primaire dans lequel nous devrions pouvoir nous mouvoir avec nos skis sur nos sacs. Au petit matin, nous voilà parti Pierre, Dom, Yann M, Pinpin et Yvan.

L’approche avec le zodiac est une féerie et on slalome dans une mer hérissée d’innombrables morceaux de glace venus du glacier qui sans arrêt rejette son trop plein. Le glacier sans nom nous le nommerons le Glacier Blanc en souvenir de celui que nous avons aimé caresser et torturer tout à la fois. Les milles et uns reflets et scintillements feront dire à Pinpin dans une de ces phases d’emportement poétique : « on dirait une voie lactée ».

Plus pragmatique, Dom écarte autant qu’il le peut les énormes glaçons qui tentent de nous barrer le chemin. Eviter à tout prix un remake du Titanic. Nous avons bien à bord Pierre le Doc, mais que pourrait-il pour nous dans cette eau glacée, lui même dans la même situation que nous ? Nous sommes sur l’eau, mais nos yeux sont rivés sur les énormes tours de glace en équilibre qui, si l’idée leur venait de tomber à l’eau à l’unisson, provoqueraient à n’en pas douter un tsunami qui mettrait notre frêle embarcation dans une situation délicate. A notre descente sur terre que nous croyons ferme, élément solide, une autre épreuve nous attend : nous mouvoir sur une moraine en formation. Des arbres attaqués tentent vainement de résister à cette force tranquille, qui, sournoisement les broie les uns après les autres. Après cette séance d’équilibrisme, voilà venue la douce, humide foret primaire s’il en est. La mousse est si épaisse que nous pourrions tailler des marches au piolet. Mais elle est si tendre que nous pouvons simplement la martyriser du  bout de nos chaussures de ski. Quelques glissades attendues ont tôt fait de nous déguiser en authentique bûcherons. La pause auprès d’une source d’eau pure nous permet de nous réhydrater avec un bon thé concocté par nos deux alsaciens qui n’arrêtent pas de s’invectiver gentiment dans une langue chatoyante qui tente de nous arracher les tympans.

Enfin les skis, la neige, le glacier ! Le plafond nuageux et ses mystères stagnent à 1800 m telle une chape de plomb immobile. Elle ne cédera pas. Elle aura même raison de la ténacité de Momo, Hubert, Mathieu et Yann Estienne qui, depuis quatre jours, ne quittent pas leurs tentes dans le camp supérieur en attendant une hypothétique éclaircie qui leur permettrait d’atteindre le sommet du présumé mont Darwin. Ils n’en sont pourtant qu’à quelques centaines de mètres et savent par où y aller. Ils battent en retraite et se réfugient dans leur confortable camp de base installé dans une petite foret tout près d’une plage qui serait envahit de chair humaine fleurant bon la crème solaire s’il elle était située sous des cieux plus cléments. Nos peaux de phoques solidement fixées nous entamons sur la neige vierge notre montée vierge vers un sommet vierge. Une cordée de 3, une cordée de 2, nous sommes tout à notre bonheur d’être là, chacun dans ses pensées, seulement interrompus pour se concerter sur le meilleur itinéraire. Nous prenons enfin pied sur une arrête qui nous permet de découvrir d’autres glaciers, d’autres sommets, tout aussi vierges et grandioses que ceux qui nous ont déjà fait cette offrande. Il est 14h00 lorsque nous atteignons le sommet. L’altimètre affiche 1200 m. De concert après avoir savouré cet instant magique, nous décidons de nommer ce pic le pico Karène Ruby, qui aurait pu être des notres dans cette aventure magnifique. Que son nom soit gravé à jamais dans ces contrées reculées. Il est temps pour nous de redescendre. La vie et d’autres projets nous attendent en bas. Toute l’équipe est réunie au camp de base. Qu’allons faire ? Il ne nous reste que 3 jours avant notre départ pour Punta Arenas. Tenter à nouveau l’ascension du Mont Darwin ? Il est là, si près de nous. Si proche que nous décidons de jeter nos dernières forces et notre temps de plus en plus restreint dans cet objectif. Une léger pluie vient arroser le campement, de peur que nous nous asséchions.

Le 26 Octobre

La lune tente une timide apparition. On  la dirait terrorisée de son impudeur. Son faible éclairage nous encourage. Motivés plus que de raison, sûr que cette tiède apparition lunaire était un signe, nous partons emmitouflés, harnachés, encordés. Pas besoin de lever la tête, le soleil viendra relayer la lune. 800 mètres. 1000 mètres. Tout se passe bien, mais le soleil aussi timide et lâche que la lune nous abandonne. Un dernier salut et, à 1200 mètres, sans vergogne, il nous jette dans les bras de son ennemi la tempête. Et là, une fois de plus, nous  sommes contraints, déçus et martyrisés par les vents d’une violence injuste, de rebrousser chemin dans ce qui devient au fil des jours et de nos tentatives un paradis sur terre. Malgré une extrême humidité, la nourriture lyophilisée,  le grondement incessant du glacier que notre présence semble indisposer, notre village de toile, notre camp de base. Demain nous retenterons mais le baromètre est au plus bas : 973 hpa. Le pessimisme n’a pas sa place ici et dans cette équipe. Nous vivons et prenons les choses telles qu’elles sont, conscients de vivre des moments d’exception que nous imprimons en lettre d’or dans notre mémoire.

Yvan l’équipe Darwin 2

Propos recueillis par liaison satellite avec Darwin 1, ce mardi 27 octobre 2009.

IMPORTANT : prochaine vacation prévue avec Darwin 1 ce soir à 20h00 (minuit en France), nous publierons le résultat de cette ultime journée d’alpinisme dans la cordillère Darwin.

lundi 26 octobre

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Levé à 5h00 du matin, nous prenons la route aux premières lueurs du jour. Aujourd’hui nous roulerons toute la journée à jusqu’à Puerto Natales, Chili.

Nous découvrons sous des lumières magnifiques la pampa argentine et ses plaines qui s’étendent à perte de vue. Nous passons la frontière à la hauteur de San Sebastian. Un no-man’s-land de plusieurs kilomètres sépare les deux états. La route est en mauvaise état ; un camion s’est renversé sur le bas coté. Le ciel gris et la neige qui tombe abondamment renforce l’atmosphère d’abandon qui règne sur cette bande de terre. Nous passons la frontière chilienne rapidement, le vent se lève et le ciel se dégage instantanément.Puis, plus loin, la route tombe littéralement dans le détroit de Magellan. Un ferry à ouvert sa gueule de fer sur la route du bout du monde. Camions et voitures embarquent pour la traversée. Nous regagnons la file et, en quelques minutes, nous voila à bord. Encore dix minutes et le ferry largue les amarres. Le ciel et  bleu et la mer moutonne légèrement. Une demi-heure plus tard nous débarquons au Chili. Traversée rapide et donc inattendue ! Nous reprenons notre route à la recherche d’un restaurant mais la région semble déserte. A notre droite, l’atlantique. A gauche, toujours ses immenses plaines légèrement vallonnées aux couleurs d’or brun. Nous croisons des troupeaux de guanacos et quelques autruches. Au loin, sur la grève deux épaves majestueuses dont il ne reste que l’armature métallique. Nous descendons de voiture et découvrons, légèrement en contre bas et batifolant dans cet océan glacé, un groupe de militaire en plein entrainement sous marin. Spectacle cocasse. De l’autre coté de la route, au milieu de vielles bâtisses abandonnées nous découvrons un petit restaurant. La carte est simple mais un bon sandwich nous fera le plus grand bien avant de reprendre notre voyage. Le vent se léve et quelques heures plus tard, c’est une véritable tempête qui balaye la cote. Sur notre droite nous découvrons une petite baie. Le ciel est bleu, la mer est verte et le vent souffle si fort qu’il recouvre la surface de l’eau d’un nuage d’embrun. Nous faisons un arrêt, Pierre prend sa caméra, nous nous dirigeons sur la plage. Le vent souffle à plus de 130 km/h et nous progressons avec beaucoup de difficulté. Par moment, les rafales sont si violentes qu’elles emportent les coquillages que la marée à déposé sur la grève. Après une heure de déambulations maladroites sur cette cote balayée par les vents nous reprenons la route.

Nous arriverons vers 21h00 à Puerto Natales, le  temps de trouver un hotel et nous finissons la soirée dans un très bon restaurant.

Thomas Baratier

dimanche 25 octobre

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COMPTE RENDU « DARWIN 1 » – EQUIPE CAP HORN / USHUAIA
François, Thomas, Pierre P, Guillermo conduit par Marcel

Nous passons la matinée à débarquer le matériel du bateau sur les pontons du port d’Ushuaia et à organiser notre départ vers Torres del Paine, situé au Nord de Punta Arenas. Torres del Paine, littéralement « tours du Painé », est un parc naturel célèbre pour ses tours de granit gigantesques. Nous ferons le voyage avec le 4×4 de Marcel qu’un de ses amis nous dépose au port. Mais très vite nous nous apercevons que nos nombreux bagages ne rentreront pas dans la voiture de Marcel. Guillermo se rendra en bus à Punta Arenas, chargé de notre excédent de bagage. En fin de matinée, Pierre P, François et moi-même laissons nos deux amis finir d’organiser notre départ et partons avec une voiture de location vers l’Estancia Haberton pour  réaliser une interview de la dernière descendante de cette famille d’anglais venu fonder, au XVIIIe siècle une des premières estancias de la région. L’élevage des moutons et l’exploitation forestières ont été arrêtés dans les années quatre-vingt-dix. L’estancia a alors été transformée en musée. Pour nous y rendre nous parcourons plus de 90 km depuis Ushuaia dans des paysages tout à fait différents de ceux que nous avions pu traverser lors de notre séjour sur l’autre rive du canal, au Chili. Ici, la forêt est partout, mais différence notoire, les arbres sont développés et plus nous progressons, plus le relief s’adoucit pour laisser place à de petites collines boisées. Dans les plaines, qui demeurent très humides, la tourbe des marais est exploitée : une fois séchée, elle est conditionnée puis revendue comme engrais naturel. Après seulement une heure et demie de route, dont la moitié sur une piste, nous retrouvons le canal de Beagle et, sur la rive opposée, la petite ville de Puerto Williams que nous avions quitté la veille. Nous pénétrons dans l’estancia. Une sympathique et jeune argentine nous servira de guide et présentera à la caméra de Pierre l’histoire de ce lieu et de la famille qui l’habite encore aujourd’hui.

Vers 18h30, nous reprenons la route vers Ushuaia, heureux des images et de l’interview que nous avons pu tourner. Nous retrouvons Guillermo et Marcel. Décision est prise de partir le lendemain matin à 05h00. Direction Rio Grande, San Sebastian où nous passerons la frontière, puis nous prendrons le bac pour traverser le canal au niveau du détroit de Magellan. De là, nous rejoindrons Rio Gallegos et enfin le parque de Torres del Paine. Après la visite du parc et s’il nous reste suffisamment de temps, nous nous rendrons au mont Fitz Roy.

COMPTE RENDU « DARWIN 2 » / EQUIPE ALPINISTES – PIA

Yvan et une équipe restreinte ont réalisé aujourd’hui l’ascension d’un sommet de 1200 mètres qu’ils ont nommé le mont « Karine Ruby » en hommage à la championne Olympique qui fut un temps associée au projet « Un rêve de Darwin ».

Toute l’équipe était hier soir de retour au camp de base. Ils tenteront demain l’ascension du mont Darwin grâce aux informations recueillies ces derniers jours au cours des différentes approches. De plus Michel, notre routeur météo, nous annonce une fenêtre météo favorable pour tenter l’ascension.

Malheureusement la défaillance de la liaison satellite nous oblige à abréger notre conversation avec Yvan et nous ne pouvons vous donner plus de détail sur cette journée couronnée d’un nouveau succès.

Thomas Baratier

samedi 24 octobre

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COMPTE RENDU « DARWIN 1 » – EQUIPE CAP HORN / USHUAIA
François, Thomas, Pierre P, Guillermo conduit par Marcel

Nous sommes arrivés hier soir vers 21h00 à Puerto Toros où nous jetons  l’ancre pour la nuit. Le vent se lève et nous serons brassé une partie de la nuit. Réveillé à 05h00, nous mettons le cap sur Ushuaia via Puerto Williams, escale administrative avant de passer la frontière vers l’Argentine.

Navigation sans encombre jusqu’à Puerto Williams où nous retrouvons Denis à qui nous avions confié du matériel que nous devons à présent récupérer. Mais les formalités administratives avec la marine chilienne s’avèrent, encore une fois, plus longues que prévues et nous sommes contraint de patienter jusqu’à 15h00. Pour nous réconforter face au vent qui se lève et nous fait redouter une fermeture du port, nous cuisinons une délicieuse estouffade de filet de bœuf. Denis se joindra à nous et, entre deux bouchées, nous parlerons « montagne » et Denis, mémoire vivante de la région, d’évoquer les différentes tentatives de nos prédécesseurs dans la cordillère Darwin. Puis nous apprenons que nous avons l’autorisation d’appareiller pour Ushuaia. Pas une minute à perdre :  le vent souffle et nous redoutons toujours une fermeture du port.

La navigation sera très difficile jusqu’à Ushuaia : un vent de face et une forte houle nous obligeront à tirer des bords sur le canal. Pierre P et notre capitaine Marcel assurerons la navigation sous la pluie, le vent et les embruns. Guillermo, imperturbable, ne sortira de ses lectures que pour prendre quelques photos. François, pourtant « patché » jusqu’aux oreilles, ne résistera pas longtemps aux roulis provoquée par la houle et rejoindra rapidement sa cabine. Pour ma part, je me tiendrais à disposition des marins, profitant du grand air et de cet atmosphère agitée.

Vers 21h30, nous accostons finalement au port d’Ushuaia, fatigués, glacés et affamés par ce voyage. Direction la capitainerie pour faire tamponner nos passeports. Une demi-heure plus tard, nous nous attablons dans un petit restaurant ou Marcel est accueilli en habitué. Menu unique : « un bife de lomo de un medio kilo con patatas fritas y ensalada » accompagné de son inséparable vin rouge argentin. Il ne nous en faudra pas plus pour passer une excellente nuit que Marcel commença, épuisé, à table, avant la fin du repas !

Thomas Baratier

COMPTE RENDU « DARWIN 2 » / EQUIPE ALPINISTES – PIA

Lors de notre escale à Puerto Williams, nous réussissons à joindre Yvan qui nous apprend que la Nueva Galicia à pu appareiller la veille et rejoindre sans difficulté la bahia Pia. L’équipe dite des « alpinistes » s’enrichie à présent des nouveaux arrivants : Yvan, Gérard, Yann M, Ludivine et Murielle.

Au cours de cette conversation, Yvan nous rassure sur l’état des troupes : tout le monde va très bien et l’équipe déjà sur place est extrêmement motivée par les perspectives qui s’offrent à elle dans ce massif.

Lors de cette longue conversation téléphonique, nous avons pu recueillir les impressions de Pierre M et Pascal sur leurs premiers jours en montagne. Nous vous restituons ici et le plus fidèlement possible les résumés qu’ils avaient préparés à notre attention (la communication ayant été très hachurée, il se peut que notre récit comporte certaines imprécisions dont nous nous excusons part avance).

Dans un précédent billet nous évoquions le mont Shipton qui dans les lignes qui suivent est appelé Mont Darwin. Mais il s’agit bien du même sommet qui fut nommé initialement Darwin puis changea de nom pour s’appeler aujourd’hui Shipton.

Dimanche 18 octobre – arrivée dans la bahia Pia

Après avoir quitté la bahia Romanche tôt le matin, nous pénétrons dans la calanque de Pia vers 10h00 dont nous explorons les deux branches. Nous repérons un espace dans la partie Est de la calanque où débarquer et installer le camp de base. Le campement est monté à droite d’un impressionnant glacier noir et à bonne distance de la rive pour nous protéger d’éventuels « mini-tsunamis » que pourrait provoquer la chute des séracs dans l’eau glacée de la calanque. Nous repérons à cette occasion un beau sommet dont nous estimons l’altitude à 1800 mètres. Nous effectuons le déchargement du matériel et installons nos tantes car le Nueva Galicia ne pourra pas rester au mouillage dans Pia ; mouillage jugé trop dangereux par notre capitaine.

Nous voilà donc seul dans cet ilot de verdure, coincé entre deux glaciers. Marie nous accompagne et, rassurée par l’absence de danger objectif, affronte sans crainte cette situation d’isolement. Sébastien, arrivé récemment pour remplacer Sandra, nous apprend que nous avons dressé le camps au milieu d’une jeune foret de nothofagus. Bon alpiniste et chercheur du CNRS, il est parmi nous pour réaliser des prélèvements dans les sols de la région et nous fait profiter de ces connaissances en nous décrivant l‘écosystème dans lequel nous évoluons.

Vers 18h, le camp est monté et le Nueva Galicia s’éloigne vers un mouillage plus sur. Après une rapide concertation, nous décidons dès le lendemain de tenter l’ascension d’un beau sommet situé rive droite du glacier noir. Il devrait nous permettre, sous réserve d’une météo favorable d’apercevoir le Mont Darwin.

Pierre Muller

Lundi 19 octobre

Comme prévue la veille, nous quittons le camp à 6h00 du matin. Nous remontons un beau couloir à 35° orienté Nord-Ouest qui nous donne accès à un sommet de 1139 mètres dont les coordonnées GPS sont :
S 54 48 50
W 69 32 36
Ce sommet nous offre une belle vue sur le présumé mont Darwin et nous laisse entrevoir une voie d’accès possible. Il nous permet également de découvrir les autres aspects de la partie Nord du glacier.

Nous repérons également un autre sommet situé plus à l’Est. Nous le regagnons à ski de randonnée et finissons l’ascension par quelques pas d’escalades faciles. Il sera baptisé, sous réserve d’acceptation par les autorités chiliennes,  le « Pico Ludivine » et culmine à 1187 mètres ; ses coordonnées GPS sont les suivantes :
S 54 48 49
W 69 32 07

La descente se fait facilement dans une belle neige de printemps. Nos excellents skieurs Mathieu et Yann ouvrent la trace. Le retour au camp de base se fait sans encombre. Le moral est bon, renforcé par la perspective de belles courses et de nouveaux objectifs sont définis pour le lendemain : continuer en direction du mont Darwin.

Pierre Muller

Mardi 20 octobre

Ce matin, départ à 6h00 vers un col situé à l’Est du glacier noir qui nous sépare du Mont Darwin et domine le glacier Romanche. Mais aujourd’hui, la météo est mauvaise et le vent souffle à plus de 80 km/h. La progression est difficile et nous devons nous encorder. Nous parvenons péniblement au col. Quelques pas de « mixtes » nous permettent de progresser à quatre pâtes entre deux sommets, mais les conditions continuent à se dégrader et nous obligent, très vite, à prendre le chemin du retour. Une très mauvaise visibilité rend la descente périlleuse. Mathieu s’arrête dans la pente sur ce qui s’averra être un fragile pont de neige.  Décision est immédiatement prise d’encorder Mathieu, Yann et Pierre qui ouvriront la voix. Les autres suivront leur trace, slalomant dans le mauvais temps entre les crevasses.

Le col sera nommé, toujours sous réserve d’acceptation des autorités, « le col du Boutchiul » (ou col du buisson en patois du pays des Ecrins). Il culmine à 1440 mètres et ses coordonnées GPS sont :
S 45 48 59
W 69 28 37

Du col, nous pouvons apercevoir un second sommet, toujours dans la direction du Darwin et se situant à la limite du plafond nuageux. Ce sera notre nouvel objectif. Mais avant de concentrer nos forces sur ce nouvel itinéraire, nous devons nous assurer qu’il n’existe pas de meilleur passage sur les autres versants. Notre objectif se précise mais le manque de visibilité nous empêche de déterminer l’itinéraire à suivre.

Journée fatigante pour toute l’équipe avec un dénivelé modéré de 1200 mètres mais assorti d’un  linéaire 12 km. Mais les conseils de nos moniteurs de ski de fond pour perfectionner notre « skating » ont été mis à profit pour avancer efficacement sur ce grand plat. Nous décidons de nous octroyer une journée de repos le lendemain.

Le surlendemain, Pascal, Dominique et Pierre M iront observer le versant Nord-est. Le reste de l’équipe tentera d’établir un camp 1 sur le plateau du glacier noir, puis, de là, ils se dirigeront vers le versant ouest du Mont Darwin. Nous pourrons alors confronter nos avis pour déterminer le meilleur itinéraire à suivre pour continuer notre progression.

Pierre Muller

Mercredi 21 octobre

Journée de repos

Jeudi 22 octobre

Départ pour la reconnaissance du supposé mont Darwin. Stéphane, Yann, Mathieu et Hubert se déplacent vers une pointe qui devrait leur offrir un point de vu sur le sommet.

Pierre M, Dominique et Pascal se dirigent quand à eux sur le col issu de l’arrête qui rejoint le col Boutchiul dans l’idée de trouver un itinéraire sur le versant Est. C’est une belle journée, la température est douce et le vent est retombé. Pour nos trois amis, c’est une ascension tranquille dans une neige ramollie au milieu des glaciers aux séracs d’un bleu translucide. Stéphane, Yann, Mathieu et Hubert progresse plus laborieusement sur cette arrête qui mène à un immense plateau glaciaire situé à environ 1700 mètres d’altitude. Sur leur droite se trouve une belle pointe rocheuse offrant un bon point d’observation. Ce belvédère surplombe un à pic de plus de 600 mètres. Au fond du plateau une pente neigeuse menant à une arrête semble conduire au sommet du supposé mont Darwin.

Le panorama est superbe et offre à Pierre M, Dominique et Pascal une vue merveilleuse sur le Roncagli. Malheureusement, ils n’entrevoient aucun itinéraire et ils ne leur semblent pas envisageable de gravir cette montagne hérissée de séracs et de barres rocheuses.

Pendant ce temps, Stéphane, Yann, Mathieu et Hubert ont progressé et on atteint le belvédère. Altitude 1736 mètres. Il sera nommé le Pico YAMAHUSTE (Pour YAnn, MAthieu, HUbert, STEphane). Nos quatre amis resterons plus d’une heure à chercher un itinéraire sur le supposé Mont Darwin mais le sommet restera caché dans les nuages. Les deux équipes regagnerons leurs camps respectif.

La visibilité n’est pas suffisante pour que nous puissions déterminer avec certitude la nature du relief et, notamment, l’arrête terminale qui mène au sommet.

Pascal Harpin


Le 23 octobre

Réveil à 05h00. Départ à 6h00, Dom, Pimpin et Pierre projettent de rejoindre le reste de l’équipe resté au camp 1 pour tenter l’ascension du Darwin. Nous les retrouvons à huit heures après deux heures d’une progression facile sur une neige restée gelée. La décision a été prise la veille d’emprunter l’itinéraire que nos amis du camp 1 ont déjà repéré, le versant Est n’offrant pas de possibilité d’ascension. Momo prend la tète des opérations, il connait et a jalonné le parcours jusqu’à une altitude de 1800m. La montée commence par une raide pente de neige parcellé de crevasses qui donne accès a une belle arrête sur laquelle la progression a ski reste possible. Nous gardons les yeux rivés en direction du Darwin qui reste coiffé d’un épais nuage.  Il faut rester motivé, le temps change vite. A 11h30, nous avons rejoint le plateau glacier supérieur à 1570 m d’altitude. Le brouillard nous empêche de voir la pente supérieure donnant accès a l’arrête sommitale. Cependant les membres du camp 1 l’ayant visualisé et photographié la veille, nous choisissons de les suivre. Très vite, la visibilité se réduit à 10 mètres, le plafond s’abaisse, il commence à neiger. Dom, Pimpin et Pierre décident de renoncer, alors que les membres du camp 1 choisissent de franchir la première pente dans l’espoir de l’arrivée d’une éclaircie. En les attendant nous gravissons le « Pico Yamahuste » à 1736 mètres d’altitude (SUD 54 46 16 / W 69 30 33). La météo se dégrade encore. Nous tentons de contacter par radio nos amis pour connaitre leur position avant de prendre la décision de descendre. Eux aussi entament la descente, rassurés de leur choix. Nous skions sur les belles pentes qui dominent le camp 1 où nous nous retrouvons pour discuter de la suite des événements. Momo, Hub, Math et Yann restent au camp 1 pour une nouvelle tentative le lendemain. Dom, Pimpin et Pierre retournent au camp de base. Un appel d’Yvan nous prévient de l’arrivée du Nueva Galicia le soir même. Nous nous réjouissons de revoir ceux restés sur le bateau pour partager un bon repas avec eux.

Pierre M (propos recueilli par Thomas par téléphone)

Vendredi 23 Octobre

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COMPTE RENDU « DARWIN 1 » – EQUIPE CAP HORN
François, Thomas, Pierre P, Guillermo conduit par Marcel sur le voilier Iorana

Levés à 5h, il nous reste 3 heures de navigation pour atteindre l’île Horn !
Ce matin, la mer est calme et l’horizon dégagé. Marcel n’est revient pas : c’est la première fois qu’il navigue au cap Horn dans ces conditions. Nous sommes seuls en mer. Nous ne savons pas pourquoi, mais les pêcheurs ne s’aventurent pas jusqu’ici. Nous quittons notre mouillage de l’ile Maxell. Puis, peu de temps après, nous doublons l’ile Hall et découvrons à quelques miles les contours du célèbre rocher. Horn ! Du nom du village natal d’un marin hollandais. Petite île noire à la végétation rare, aux côtes abruptes et taillées de longues failles. La mer est calme mais le relief désolé témoigne de la violence des tempêtes qui maltraitent ces terres du bout du monde. Au loin, sur l’horizon, un rayon d’or scintille et réchauffe ces mers froides. Ce matin, les cormorans se sont regroupés par centaines pour un festin de sardines. Parfois, quelques Pétrelles Royales se joignent au gueuleton. De leur œil souligné de noir, les grands albatros observent la nuée, rasant l’écume d’un vol élégant.

Nous contournons l’île et pénétrons dans une bahia abritée où des militaires acheminent l’eau douce nécessaire à la vie des hommes sur cette terre. Nous mettons l’annexe à la mer afin de nous rendre à terre. Une vingtaine de personnes s’affairent sur l’île. La plupart sont des militaires qui assurent le ravitaillement de l’île. Au loin, le flanc de la colline est quadrillé d’une structure en bois. Etrange architecture. Nous apprenons qu’il s’agit d’un champ de mines qu’une équipe tente de sécuriser. Effectivement, l’île a été minée en 1979 suite à une forte montée de tension diplomatique entre l’Argentine et le Chili. Chacun revendiquant la propriété de trois îles situées dans la région (Picton, Nueva et Lennox). Le Chili a donc décidé de miner l’île Horn dont l’armée Argentine se serait emparée facilement en cas de conflit.

Nous nous rendons chez les carabinieros, gardiens de l’île. L’endroit est cocasse. Nous sommes reçus dans un petit bureau encombré de casquettes, pin’s et autre t-shirts à la gloire du lieu : « Cabo de Hornos, en el fin del mundo » ! Nous faisons une petite interview du gardien qui vit ici avec sa femme et ses deux filles ; puis nous faisons rituellement tamponner nos passeports et repartons avec une casquette et quelques t-shirts.

Embarquement sur l’annexe sous les yeux d’un sympathique « lobo de mar » (otarie à fourrure). Nous rejoignons le Iorana ou Marcel nous attend. Nous quittons sous le soleil ce lieu mythique. Nous reprenons la mer, direction Lennox. Encore un bon déjeuner à bord : cotes de porc marinées au paprika, aligot et salade de tomates aux avocats et piments chilien ! « La navigation, ca creuse !», c’est bien connu !

Enfin, le temps se couvre progressivement mais les conditions de navigation restent excellentes : vent arrière de 15/20 nœuds qui nous permet de hisser toutes les voiles et de couper le moteur ! Nous naviguons toujours à l’heure actuelle et les conditions ont été si favorables et nos déplacements si rapides que nous allons réfléchir aux nouvelles options qui s’offrent à nous suite à ce gain de temps, s’il se confirme par de bonnes conditions de mer demain.

La vacation de ce matin avec Darwin 3 a permis à Yvan de nous confirmer la mise en action des plans de la veille par l’équipe des alpinistes. Tout va bien, autant au camp de base de Pia qu’au Camp 1, établit hier soir. La nuit a été très calme, la santé et le moral de toute l’équipe engagée dans le secteur du Shipton sont excellents. Nous saurons demain matin si le Camp  2 a pu être monté, et si l’ensemble de l’équipe a pu s’y rejoindre.

Yvan espérait recevoir le ravitaillement en carburant pour 10h ce matin, et appareiller dans la foulée pour tenter de retrouver d’une traite la calanque de Pia et le camp de base de Darwin 2. Compte tenu des très bonnes conditions de mer aujourd’hui, nous espérons que cette tentative a pu se concrétiser, car demain Michel nous donne une prévision moins favorable, avec du vent du SW  (donc contre nos navires) pour 30 nœuds, et des vagues de 2,5 m, avec une période de 5 à 7 secondes.

Thomas Baratier

Jeudi 22 Octobre

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COMPTE RENDU « DARWIN 1 » – EQUIPE CAP HORN
François, Thomas, Pierre P, Guillermo conduit par Marcel sur le voilier Iorana

Réveil à 6h00 sur le Iorana. Nous préparons un bon petit déjeuner : thé, café, confiture et pain « bateau » confectionné par Marcel accompagné par du jambon et fromage pour nous permettre de reprendre des forces avant d’appareiller.

Ce matin la température est douce, la mer est calme et nous prenons notre café face à un merveilleux levé de soleil qui colore l’horizon de toute une variation de bleu. Marcel n’en revient pas et nous dit avec son bel accent germanique « Non ! non ! ce n’est pas normal ! ce n’est pas ça le météo du cap Horn !!! ».

Vers 7h00 nous quittons notre mouillage de Puerto Toro. Direction plein sud vers Isla Lenox que nous dépasserons vers 9h30. Puis nous quittons ces ilots pour rejoindre les îles Wollaston et Hermite. La navigation est facile mais malgré les voiles nous sommes contraints d’avancer au moteur car, comble du comble ! il n’y pas de vent ! Nous déjeunons sur le pont d’une bonne soupe de courge agrémentée des restes de la carcasse de notre taurillon de Yendegaia. Après une semaine sur le pont du bateau la viande est fondante. Repas délicieux ! Dans la journée, le ciel se couvre et quelques gouttes nous accompagnent dans notre navigation. Nous croisons de nombreux « Albatros à sourcils », des nués de cormorans, encore quelques dauphins, un timide  « lobo de mar », une ou deux pétrelles qui quittent la région avant l’été et enfin nous croisons plusieurs groupes de Pingouins de Magellan. Ces derniers commencent à quitter les plages de Rio, trop chaudes, pour venir passer un été rafraichissant dans les vents du Cap Horn. Activité « normale » dans cette région du monde. Vers 17h nous abordons un bateau de pêche et leur échangeons 2 poulets de batteries contre 4 centollas et 3 poissons non-identifiés d’au moins 2 kg chacun. Chacun est satisfait du marché, Ouf ! Le diner est assuré : Centolla et céviché au menu qui seront agréablement complété par une tarte tatin réalisé par mes soins.

Nous mouillons dans une très jolie bahia, « la caleta Maxwell ». Guillermo et Pierre sautent dans l’annexe pour aller fixer des bouts à terre afin d’assurer l’amarre du bateau. A 18h, nous réussissons à joindre Yvan sur nos téléphones Irridium.

COMPTE RENDU « DARWIN 3 » / EQUIPE DU NUEVA GALICIA
Yvan, Gérard, Yann M, Ludivine, Murielle et l’équipage du Nueva Galicia

L’équipe est toujours bloquée à Puerto Williams en attente de carburant pour rejoindre la bahia Pia. Demain, l’arrivée du désormais connu bahia Azul devrait libérer nos amis grâce à la livraison du carburant tant attendu ! Ils prévoient en conséquence un départ à 10h avec pour objectif de rallier Pia et le camp de base de « DARWIN 2 ».

Ce soir, tout le monde allait bien à Puerto Williams, même si l’attente forcée pèse sur les esprits de nos amis !

COMPTE RENDU « DARWIN 2 » / EQUIPE ALPINISTES – PIA
Dominique, Yann E, Mathieu, Pierre M, Hubert, Pascal, Stéphane et Marie

Nous ne sommes pas parvenus à établir de communication directe avec l’équipe DARWIN 2. Nous reproduisons ici le compte-rendu que nous a transmis Yvan en fin de journée.
Les nouvelles sont bonnes !

L’équipe a essuyé, hier, une violente tempête sur le glacier. Néanmoins, ils ont pu continuer leurs repérages en direction du Mont Shipton et réaliser l’ascension d’un nouveau sommet.

Aujourd’hui une météo plus clémente leur a permis d’établir un camp avancé à 1800 mètres sur un col qu’ils ont baptisé « le col du Boutchiul » (ou col du buisson en patois du pays des Ecrins). Forte de l’expérience acquise lors de la tentative de Yendagaia,  où les charges colossales transportées à dos d’hommes et à luge s’étaient avéré source de ralentissement pour les alpinistes, ils ont cette fois décidé d’un mode de fonctionnement plus léger et rapide, plus alpin. Aussi, Yann, Stéphane, Mathieu et Hubert passeront la nuit au Camp 1 pour continuer dès demain matin leur progression et établir un Camp 2, plus loin ; la trace jusqu’au camp 1 rendant en principe leur progression plus facile, si aucune tempête ne s’avise de déposer de nouveau 20 cm de neige fraiche. L’autre partie de l’équipe composée de Dominique, Pascal et Pierre M, redescendue au camp de base pour assurer le ravitaillement (nourriture et matériel), tentera de les rejoindre demain, au camp 2. Le matériel choisi et utilisé pour cette progression s’avère très bien adapté, les skis ZAG que nous utilisons se révèlent très polyvalents dans les neiges rencontrées assez hétérogènes du fait de l’amplitude des altitudes (de 0 à 1800 m) et surtout du climat tour à tour froid, pluvieux, venteux. Les deux groupes communiqueront via les radios VHF marines, détournées pour l’occasion car plus puissantes (mais aussi malheureusement plus lourdes) que nos talkies walkies Motorola.

Cette rotation est l’occasion pour Marie de recueillir les précieuses données concernant la décision prise par l’équipe d’établir ce camp avancé, et de réaliser les interviews filmées de fin de journée, au cours desquelles les alpinistes savourent souvent leur premier véritable moment de repos, et livrent à chaud le récit détaillé des phases clé de la journée.

Le moral, et bien sûr la santé, des alpinistes sont au beau fixe, ils savourent au cœur de la Cordillère Darwin la vision de glaciers aux dimensions impressionnantes et des sommets alentours qui présentent une succession d’arrêtes effilées et d’aiguilles de granit verticales plaquées de glace.

Prochaine vacation prévue demain à 8h30.

Thomas Baratier et François Neukirsh

mercredi 21 octobre

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Ce matin, dernier préparatif pour l’équipe  CAP HORN  (DARWIN 1) avant le départ à bord du navire de Marcel. 

Nous embarquons vers 13h : direction le Cap Horn ! Le ciel est gris mais la météo semble clémente malgré un léger vent d’Est, atypique ici.

Et chacun prend rapidement sa place à son poste sur ce petit voilier de 11,80m, que Marcel a construit lui-même il y a 20 ans, lorsqu’il décidé de quitter sa Belgique natale pour parcourir le monde. L’histoire de ce navire et de son propriétaire peut se découvrir sur www.sailiorana.com. Les deux premières heures de navigation s’effectuent au moteur, par un vent calme et une mer peu formée. Puis, laissant le canal de Beagle sur notre gauche, nous hissons toutes les voiles et nous pénétrons en silence un labyrinthe d’étroits chenaux, aux eaux calmes et profondes, où nous dérangeons à peine les colonies de cormorans, producteurs inlassables du guano  qui fit la fortune des exportateurs de ce fabuleux engrais naturel au début du XXIème siècle.

Quelques lobos (lions de mer), tranquillement installés au milieu des volatiles, et nullement dérangés par l’odeur acre et puissante du guano, ne daignent pas soulever leur  imposante masse au passage furtif de notre navire. Le vent fraichit, la mer se forme un peu, mais les conditions de navigation sont parfaites, et nous filons un confortable 7,5 noeuds dans ces 50èmes hurlants qui aujourd’hui nous cajolent.

Bientôt en vue de Puerto Toro, notre traversée depuis Puerto Williams aura duré moins de 5 heures, nous en avions prévu 8. Nous nous accouplons à un bateau de pèche au minuscule port. Malheureusement pour nos sensibles narines, les pêcheurs sont occupés à charger plusieurs centaines de kilos de viande en putréfaction, qui, placée au sein des casiers, serviront d’appâts pour les santoyas. Comment ces crustacés, sur le modèle de nos écrevisses, réussirent-ils à présenter une chair aussi délicieuse avec un tel régime alimentaire ?

 Puerto Toro revendique le titre de village le plus austral du monde, et effectivement, par 5515 de latitude Sud et 6701 de longitude Ouest, les 25 habitants ne craignent guère la remise en question de ce record, qui constitue à vrai dire la seule richesse de cet endroit désolé. Néanmoins, le jeune représentant de « l’Armada de Chile » nous réserve un accueil chaleureux, et nous explique qu’il est ici heureux avec sa femme et ses deux fils, et surtout qu’il reçoit une solde 3 fois plus intéressante qu’à Valparaiso, sa ville d’origine.

La proximité du pestilentiel bateau de pèche auquel nous sommes accouplés ainsi qu’un vent qui fraichit et tourné au Nord nous incite à quitter Puerto Toro, pour trouver un mouillage sur, que Marcel apprécie également pour son cadre enchanteur, entre plusieurs ilots plats et boisés. A peine sortis du port, commence un fabuleux spectacle de dauphins, qui se réunissent à dix pour nous offrir un ballet incroyable et exclusif, croisant leurs trajectoires de torpilles vivantes sous la proue du Iorana. A genoux à l’avant du bateau, il nous suffit presque de tendre la main pour toucher les dos anthracites, ou les ventres blancs que nous présentent alternativement nos compagnons de voyage. Nous remplissons nos caméras et appareils photos de ces images qui ravissent nos yeux, tant est puissant le sentiment de complicité que nous ressentons avec ces mammifères fascinants.

La féérie prend fin lorsque nous jetons l’ancre,  remplacé aussitôt par une un autre délice : le guacamole maison de Marcel, arrosé d’un Casillo del Diablo, Merlot, en apéritif permettant à Thomas de commencer la préparation d’un plat inspiré de la daube provençale et du bœuf bourguignon. A ce propos, nous remarquons que la vision des bateaux qui croisent en Terre de Feu, arborant chacun à la poupe un quartier de bœuf, consommé au fil des jours et offert aux éléments, soleil, vent, embruns et picorages d’oiseaux divers ne nous choquent plus : nous vérifions dans l’assiette que la température moyenne, et l’absence totale d’insectes garantissent une excellente conservation de la viande, que nous consommons donc nous aussi avec enthousiasme. 

Notre excellente journée ne nous fait pas oublier les autres équipes du REVE DE DARWIN : nous n’avons pas de nouvelles de DARWIN 2, les deux vacations prévues de 8h00 et 17h00, ainsi que les vacations de remplacement de 12h00 et 18h00 n’ont pas été fructueuses. C’est la première journée où ne pouvons communiquer avec les alpinistes engagés dans la cordillère. Nous n’avons aucune inquiétude particulière, juste une frustration de ne pouvoir croiser nos émotions, alpines et marines, avec nos compagnons. L’équipe D3, basée avec Yvan sur le Nueva Galicia, rejoint hier par Gérard Estienne venu prêter main forte aux grimpeurs avant un voyage en Bolivie, a pu nous informer par radio VHF qu’une nouvelle difficulté doit être surmontée à bord :  la suite d’une grève des camionneurs,  Puerto Williams n’a pu être ravitaillé, et de ce fait le stock de carburant du Nueva Galicia est insuffisant pour prendre la mer et rejoindre l’équipe D1 à Pia. Seule bonne nouvelle, Linda a pu prendre sans difficulté son avion, et rejoindra donc Montréal dans les prochains jours, après avoir partagé à nos cotés un grand pan de notre aventure en Patagonie. Forte d’une moisson impressionnante de données à analyser, d’interviews et d’observations des processus de prise de décisions, de réflexions,  et d’adaptation forcée d’un groupe soumis des contraintes permanentes, d’origine naturelles ou humaines !

François

mardi 20 octobre

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Journée à terre à Puerto Williams, consacrée  la préparation du départ pour le Cap Horn : ravitaillement, formalités administratives et dernières mise  jour du site internet occuperont une partie de l’équipe toute la journée.

 De leur côté, Yvan, Franois, Guillermo et Pierre P décident d’aller filmer leur rencontre avec la dernière représentante de l’ethnie Yamana.

Mais il leur arrive un nièmme rebondissement (!) – : une équipe de télévision hollandaise est déjà sur place ! Quelle surprise pour nos amis de se retrouver, dans cette petite ville du  bout du monde, en concurrence pour réaliser une interview ! Surprise mais aussi inquiétude, car cette femme aurait la réputation de refuser facilement les sollicitations extèrieures. Mais heureusement, après de brèves présentations la suite de nos amis hollandais, le contact se noue facilement avec Christhina qui accepte de répondre aux questions dYvan.

Nous apprendrons par la suite que l’équipe de tournage qui nous précèdait, est en repèrage pour la réalisation dune ambitieuse série télévisée devant relater le voyage de Charles Darwin à bord du Beagles.

Ils sont d’ailleurs accompagnés par Sarah, l’arrière-arrière- petite fille du naturaliste. Rencontre symbolique car trop rapide. Mais les hommes de l’expédition se souviendront aussi de son charmant sourire.

L’histoire peu ordinaire de la production est visible en anglais sur www.beagle.prov.nl

Vers 17h00, nous allumons notre téléphone satellite, en attente de l’appel de l’équipe DARWIN 2, restée dans la bahia Pia.

Quelques minutes plus tard, la sonnerie de notre téléphone retentit et François prend la communication. Cest Mathieu ! Ce dernier lui apprend que l’équipe des alpinistes est toujours en montagne, sur le chemin du retour mais encore à une heure de marche du camp. Réveillés à 5h00 du matin, sous un torrent de pluie, ils marchent depuis plus de 10 heures.

La journée aura été longue ! Et c’est après plusieurs heures d’efforts, luttant contre un vent soufflant  plus de 90 km/h, leurs skis de randonnée au pied, qu’ils ont atteint un nouveau sommet, situé au Nord du mont Ludivine gravit la veille. Mais les conditions sont si mauvaises au niveau de l’arrète sommitale quil ne peuvent même pas relever l’altitude et se contentent de d’enregistrer un point GPS qu’ils analyseront à leur retour. Ils profitent néanmoins d’une rapide éclaircie pour faire un repèrage visuel en direction du Mont Shipton et ainsi, anticiper l’itinéraire qu’ils tenteront de suivre demain.

Un bilan positif pour cette seconde journée au camp de la bahia Pia !

A puerto Wiliams et après réflexion, Yvan décide finalement de laisser sa place sur le Iorana à Guillermo. Effectivement, ce dernier sera un meilleur interprète pour assurer les interviews qui devront être réalisés au cours du voyage. Départ prévu le lendemain vers 12h30.

Direction Puerto Toro (la ville la plus au sud du Chili) ; de là, nous nous dirigerons vers le cap Horn et rejoindrons en suite Puerto Williams d’où nous nous rendrons à Ushuaia, toujours à bord du Iorana. Une fois en Argentine, nous laisserons le bateau pour prendre le 4×4 de Marcel et nous nous dirigerons vers Punta Arenas en passant par Lago Escondido, Lago Fajnano et enfin Rio Grande.

lundi 19 octobre

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Au fond de la bahia Pia, au petit matin, retrouvailles de toute l’équipe UN RÊVE DE DARWIN, le voilier de Marcel ayant réussit à rejoindre le Nueva Galicia. Pour les 30 ans de Ludivine, chorale des alpinistes en grande tenue sur la plage parsemée de bloc de glace, coïncidence ou non, une otarie choisit ce moment pour plonger avec souplesse et s’éloigner gracieusement.

Une nouvelle fois, au revoir des équipes, au son d’une dernière « Germaine », hymne officiel de l’expédition, orchestrée par dominique. Les alpinistes partent aujourd’hui à gravir un sommet vierge, a ski de rando, qui sera conquis au bout de 6 heures d’effort et malgré une importante tempête de neige.

L’équipe « Darwin 1 » fait route vers le cap Horn, mer forte mais le vent dans le dos nous permet une progression rapide vers Puerto Williams du Nueva Galicia ; le voilier, plus lent, ne pourra faire la jonction que tard dans la nuit.

Il est 20h30, nous partons diner dans le seul restaurant ouvert ce soir.

François