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Dominique Stumpert

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29 octobre 2009, 9 heures, à bord du Nueva Gallicia au mouillage dans une petite crique proche du canal Cockburn (S 54°37.863’ W 071°47.693’).

Avant de mettre le moteur en marche, le capitaine nous demande de ne pas monter sur le pont pendant la traversée. Ca va remuer dur, en tous cas si nous arrivons à passer. Ici rien n’est jamais gagné et la seule certitude est qu’il n’y a pas de certitude. Sous la pluie qui vient de succéder à la neige, le bateau tourne lentement sur une eau noire et lisse, dans cette « Bahia » bordée de roches grises sur lesquelles forêts et mousses s’accrochent sans peine.

Trente jours ! Il m’aura fallu trente jours avant de fouler mon premier glacier dans ces montagnes du bout du monde. Trente longues journées de faux départs, de retours, de fuites devant la tempête, de guet de l’éclaircie, d’analyse de la météo, de plans, programmes ou de stratégies se remplaçant d’heure en heure et parfois même de minutes en minutes, penchés sur ces mauvaises cartes que l’on scrute mille fois par jour, y cherchant des réponses comme dans un Tarot. Trente jours d’attente ; de l’ordre, de l’autorisation, des nouvelles des copains, que les chevaux soient là, que le vent se lève, qu’il cesse ou qu’il faiblisse, idem pour la pluie, la neige, la visibilité, le brouillard, le jour et la nuit, que passe les heures… et l’action fut là.

Je trouve que mes compagnons, avec leurs mots, l’ont très bien décrite.

Et puis, dans ce contexte chaotique, il y eut la rencontre de ces femmes et ces hommes réunis par des objectifs dont les plans, soigneusement élaborés en Europe, ont été chahutés dès la première heure. Les grandes qualités humaines, dont tous sans exception ont fait preuve, sont le ciment qui nous a permis d’accepter tempêtes, déboires et déceptions ainsi que nos modestes réussites sans nous départir de notre bonne humeur.

Le bateau est bien secoué. L’étrave fend les vagues, projetant de l’écume sur les vitres du carré ou les rideaux fous dansent de droite à gauche. Miguel nous dit que ce n’est rien à coté de ce qui nous attend plus loin…

Hardi compagnons, sur ce bateau « les copains d’abord », l’aventure continue !

Dominique

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