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Pascal Arpin

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Un rêve de Darwin :

Projet fou, déraisonnable. Je crois que nous n’avions pas pris la mesure des difficultés et de l’ampleur de cette traversée. Un beau challenge pour les générations futures.

La Terre de Feu :

Le feu, on le retrouve dans la chaleur de l’accueil et la sympathie des gens qui vivent ici, mais pas dans le climat. La Cordillère de Darwin est constituée de montagnes mystérieuses, pudiques qui ne dévoilent que très rarement leurs charmes. Nous l’apprendrons plus tard à nos dépends. Les difficultés commencèrent bien avant d’atteindre les sommets convoités. La mer capricieuse nous causa bien des soucis. Naviguer sur les mers du sud n’a jamais été facile. Il nous a fallu réapprendre la patience et l’humilité face aux éléments déchaînés, au cœur d’une nature brute et sauvage.

Quel bonheur de se faire chahuter par ces vagues, sur les traces des grands navigateurs. Détroit de Magellan, Canal de Beagle, Cabo Froward, Cockburn, Desolada, sont autant de noms qui reviendront souvent dans nos conversations.

La Bahia Yendégaia nous a accueilli au cœur d’une nuit d’encre. L’hacienda de José et Anémie fût un vrai refuge pendant notre séjour dans ce fjord. La « cabaña » qui nous a abrité résonne encore de nos chants accompagnés de Dominique à la guitare.

C’est un rôle de pionnier que nous avons ensuite endossé. Cartes imprécises, glaciers complexes et cheminements mystérieux ont été notre quotidien durant le début de cette traversée qui se termina dans l’impasse du col San Valentinés. C’est vraiment là que la difficulté de cette traversée et la complexité du massif nous est apparue.

Déçus, nous sommes repartis vers d’autres objectifs du coté de la Bahia Pia, un vrai petit coin de paradis. Un glacier bleu turquoise déverse régulièrement son trop plein de glace dans un fjord magnifique, donnant ainsi naissance à de nombreux petits icebergs qui tantôt flottent au grés des courants, tantôt viennent s’échouer sur la plage. Notre camp, installé sous les notofagus, à quelques dizaines de mètres de là est un vrai havre de paix.

La pluie, la neige, l’humidité, le vent ; La montagne ne nous a rien épargné, mais quand sous un ciel bas, plombé, un rayon de lumière daignait éclairer les sommets et les glaciers, la joie d’être là illuminait nos visages. Le temps est passé vite, trop vite, le calendrier s’est affolé, le temps nous a filé entre les doigts sans que l’on ait pu le retenir. Les jours ont défilé au rythme des sorties, ponctuées tantôt par l’ascension de nouveaux sommets, tantôt par les tentatives infructueuses sur le Mont Darwin. Trois essais infructueux auront raison de nous.

A chaque retour au camp, Marie attendait patiemment que nous lui racontions notre journée.

« Hacia la victoria, siempre « ( jusqu’à la victoire, toujours ) était notre devise en arrivant ici.

Pas de victoires sur le sommet convoité, notre victoire est ailleurs, notre victoire est celle de l’amitié, des rencontres et des moments forts vécus tous ensembles.

Merci à toi Yvan pour toute l’énergie et le temps que tu as passé pour que naisse cette belle histoire, pour ton investissement permanent malgré les rebondissements et toutes les galères qui ont émaillées ce voyage. Ces quelques traces joliment dessinées en ta compagnie sur les pentes du Pico Karine resteront pour moi un des plus beau souvenir de ce voyage.

Muchas Gracias Amigo ……

Merci à vous tous pour tous les bons moments passés ensemble.

Mémé qui nous a trop vite quitté, Annémie et José, Guillermo, Pedro, François, Sandra et Sébastien, Geneviève et Yvonne, Linda et Marie, Marcel sans son orchestre mais avec son bateau, Miguel, Jajo, José, Captain Alejandro, Yann et Yann, Momo, Dom, Mathieu, Pierre, Hubert, Serge, Thomas, mais aussi Germaine, marraine officielle de l’expédition.

Ce matin je suis triste, triste de quitter cette montagne qui nous a pourtant fait souffrir, douter, qui nous a chahuté, allant même jusqu’à vouloir nous arracher du sol pour nous faire voltiger jusque dans les nuages, mais dont la beauté n’a d’égal que la rudesse de son climat.

En guise d’adieux, la belle nous laisse entrevoir un peu plus de sa beauté, laissant à tout jamais son empreinte au fond de moi.

Le rêve se termine, une page se tourne.

Adios Tierra del Fuego.

Pascal Arpin

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